Mosin à Dour : les portraits entre graffiti et bande dessinée
Dans Tronches de vie, l’expression transforme les visages et organise la peinture. Les images diffusées par le Centre culturel permettent de lire les liens entre trait, couleurs et narration.
Un rire occupe presque tout le visage. Les yeux se ferment, la bouche s’ouvre et les couleurs débordent l’idée d’une peau naturelle. Le portrait diffusé pour Tronches de vie donne une entrée directe dans le travail de Mosin : l’expression commande la construction de l’image. L’exposition se tient du 25 septembre au 9 novembre 2026 dans le hall de l’hôtel de ville de Dour, avec le Centre culturel de Dour.
Mosin, un portrait construit par l’expression
La présentation officielle identifie Mosin comme Simon Chapelle et situe sa pratique à la rencontre du graffiti, de la bande dessinée et de l’illustration. Ce croisement se lit dans les images choisies pour annoncer l’exposition : des traits appuyés structurent les visages, tandis que les couleurs construisent des volumes qui ne cherchent pas la vraisemblance photographique.
Dans le portrait au grand sourire, les diagonales des joues et les arcs autour des yeux prolongent le mouvement de la bouche. Le rire semble organiser le visage entier. Les bleus et les verts traversent les zones que le regard associerait spontanément à des ombres, alors que le jaune intervient comme une lumière indépendante. Le résultat conserve une lecture immédiate malgré la fragmentation des surfaces.
Il est utile de distinguer cette expressivité d’une simple déformation. Agrandir une bouche ou infléchir une arcade ne produit pas automatiquement une émotion. Ici, plusieurs directions convergent vers le même effet ; le trait, la couleur et les proportions travaillent ensemble. Le portrait fonctionne d’abord comme une composition.
La couleur ne se contente pas de remplir le dessin
Un second visuel montre une figure aux cheveux blonds, sur fond rose, avec des larmes dessinées sous les yeux. Le contraste avec le sourire précédent est net. Le visage associe du bleu, du vert et du violet ; les yeux et la bouche installent une expression plus retenue. La couleur donne une unité à l’image tout en séparant ses parties.
Comparer ces deux portraits aide à regarder le travail sans chercher à identifier les personnes représentées. Le premier entraîne l’œil dans un mouvement ouvert ; le second le retient autour des yeux. Le changement d’émotion tient autant à la direction des lignes qu’au sujet apparent. C’est une piste concrète pour comprendre la proximité avec la bande dessinée : un visage doit faire sentir quelque chose avant qu’un récit vienne le préciser.
La relation au graffiti peut, elle aussi, se lire visuellement. Les contours francs assurent une présence à distance ; les transitions colorées et les petites ruptures de surface réclament un regard rapproché. Cette double lecture permet à l’image d’accrocher rapidement l’attention, puis de soutenir une observation plus lente.
Ce que la série fait au regard
Une photographie publiée par le Centre culturel montre plusieurs portraits alignés devant des visiteurs. Elle documente un accrochage, sans identifier son lieu ni sa date. Elle permet surtout de mesurer l’effet de la répétition : des formats voisins confrontent des visages dont les expressions, les couleurs et les directions du regard varient.
Une série de portraits ne se regarde pas comme un ensemble de personnages isolés. On compare. Un jaune peut circuler d’une toile à l’autre, une bouche modifier le rythme de la rangée, un regard sembler répondre à son voisin. La cohérence naît de règles de construction récurrentes ; l’intérêt vient de ce que chaque visage en fait.
Où voir Tronches de vie à Dour ?
L’entrée est libre dans le hall de l’hôtel de ville, Grand-Place, à Dour. Les horaires annoncés sont de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h du lundi au vendredi, puis de 9 h à 12 h le samedi. Le Centre culturel indique également la possibilité d’une visite avec l’artiste, sur demande, en dehors de ces horaires.
Le lieu compte pour préparer son déplacement : l’exposition est accueillie à l’hôtel de ville, et non dans les locaux administratifs du Centre culturel. Une fois sur place, commencer par comparer deux expressions opposées offre une manière simple d’entrer dans la peinture de Mosin, avant de revenir aux détails du trait et de la matière.
Sources
Les informations factuelles de cet article s'appuient sur les sources suivantes.
- Tronches de Vie — Centre culturel de Dour
- Portrait au grand sourire — visuel officiel de Tronches de vie — Centre culturel de Dour
- Portrait aux larmes — visuel officiel de Tronches de vie — Centre culturel de Dour
- Photographie d’un accrochage de portraits de Mosin — Centre culturel de Dour